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Sadio Camara : de l’ombre des casernes au sommet du pouvoir, le destin brisé d’un pilier de la transition malienne

Le général Sadio Camara, ministre d’État, ministre de la Défense et des Anciens Combattants, est décédé le 25 avril 2026 à la suite d’une attaque contre sa résidence à Kati, près de Bamako. Sa mort, confirmée par les autorités maliennes, a conduit à l’instauration de deux jours de deuil national à compter du 27 avril.

Âgé de 47 ans, il était considéré comme l’un des piliers du régime militaire en place depuis août 2020 et l’un des principaux stratèges sécuritaires du pays.

Des débuts à Kati

Né en 1979 à Kati, dans la région de Koulikoro, Sadio Camara a suivi sa formation à l’École militaire interarmes de Koulikoro (EMIA), où il est sorti major de sa promotion. Très tôt, il s’est forgé une réputation d’officier rigoureux, discipliné et exigeant.

Il a ensuite servi sous les ordres du général El Hadj Gamou, notamment durant la période marquée par la montée des rébellions touarègues et djihadistes.

Une formation en Russie et l’entrée au pouvoir

En janvier 2020, il part en Russie pour une formation militaire stratégique. Il revient au Mali quelques mois avant le coup d’État du 18 août 2020.

Lors de ce renversement du président Ibrahim Boubacar Keïta, Sadio Camara joue un rôle central. Avec d’autres officiers, il participe à l’arrestation du chef de l’État, du Premier ministre Boubou Cissé et de plusieurs responsables du régime.

Cet événement marque le début de la transition militaire dirigée par Assimi Goïta, dont Sadio Camara devient l’un des hommes forts.

Un ministre influent et redouté

Nommé ministre de la Défense, il incarne la ligne dure du pouvoir. Il supervise les grandes orientations sécuritaires, la réorganisation des Forces armées maliennes (FAMa) et le renforcement du partenariat militaire avec la Russie.

Décrit comme un homme droit, sérieux et déterminé, il était respecté pour sa fermeté et son refus du favoritisme, y compris dans sa propre sphère familiale.

Une disparition qui secoue le Mali

Le 25 avril 2026, sa résidence est visée par une attaque au véhicule piégé menée dans le cadre d’attaques coordonnées revendiquées par le JNIM. Blessé lors de l’assaut, il succombe à l’hôpital, selon les autorités. Une partie de sa famille aurait également péri dans l’attaque.

Sa disparition représente une perte majeure pour l’appareil militaire et politique malien, dans un contexte de forte recrudescence des attaques armées.

Sadio Camara restera comme l’une des figures les plus influentes de la transition militaire malienne, symbole d’un pouvoir forgé dans les casernes et confronté aux défis sécuritaires les plus complexes du pays.

Abdoulaye Maïga

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