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Bamako : les réparateurs de motos face à l’explosion des deux-roues et aux défis des nouvelles technologies

La multiplication des motos dans la circulation urbaine de Bamako a favorisé l’essor des ateliers de réparation, devenus une source d’emploi essentielle pour de nombreux jeunes. Mais entre l’arrivée de nouveaux modèles, notamment électriques, et une clientèle de plus en plus exigeante, les mécaniciens doivent sans cesse s’adapter pour préserver leur savoir-faire et leurs revenus.

Dans les rues bruyantes et animées de la capitale malienne, le vrombissement des moteurs rythme le quotidien. Jakarta, Sanili, tricycles ou encore motos électriques : les deux-roues occupent désormais une place centrale dans la mobilité urbaine. Cette expansion a entraîné la multiplication des ateliers de réparation, où des mécaniciens, souvent formés sur le tas, s’efforcent de répondre à une demande en constante évolution.

Pour de nombreux jeunes ayant quitté le système scolaire, la réparation de motos représente une véritable opportunité d’insertion professionnelle. Cependant, l’évolution rapide de la technologie impose de nouveaux défis, notamment avec l’apparition des motos électriques.

« Aujourd’hui, les motos électriques demandent beaucoup plus d’efforts, car elles n’existaient pas au moment de notre apprentissage », explique Ali Diakité, mécanicien.

Malgré ces mutations, les artisans affirment faire preuve d’adaptation et d’ingéniosité pour maîtriser progressivement ces nouveaux modèles. Toutefois, cette transition n’est pas sans difficultés. Le manque de matériel adapté et l’insuffisance de moyens financiers freinent souvent leur évolution.

La réparation des motos électriques constitue un défi technique majeur, les mécaniciens reconnaissant intervenir plus aisément sur les motos à essence, qu’ils maîtrisent mieux. À ces contraintes techniques s’ajoute l’instabilité des revenus. Certains jours, ils affirment rentrer chez eux sans avoir gagné suffisamment pour subvenir à leurs besoins.

« On se débrouille, mais il y a des jours où l’on rentre à la maison sans argent. C’est difficile », témoigne Salam Gouro.

Cette précarité est accentuée par une concurrence accrue et par la fluctuation de la clientèle. La relation avec les clients représente également un défi quotidien. Les mécaniciens dénoncent souvent l’incompréhension autour des coûts de réparation. Certains usagers préfèrent alors des réparations partielles, susceptibles d’entraîner de nouvelles pannes et, parfois, des accusations injustes à l’encontre des réparateurs.

De leur côté, les clients reconnaissent aussi certaines insuffisances dans la qualité des prestations.

« Il y a des réparateurs qui ne font pas correctement le travail. Hier encore, j’ai réparé deux pneus crevés et l’un s’est à nouveau crevé juste après », raconte Ayouba Diakité, usager.

Malgré ces critiques, les mécaniciens insistent sur l’importance du diagnostic, souvent négligé par des clients qui interviennent eux-mêmes sur leurs motos avant de les confier à un professionnel, compliquant ainsi les réparations.

Au cœur des rues animées de Bamako, les réparateurs de motos continuent de faire tourner les moteurs… et l’économie locale. Entre exigences croissantes des clients, manque de moyens et mutations technologiques, leur capacité d’adaptation demeure essentielle pour accompagner l’essor des deux-roues et garantir la mobilité quotidienne dans la capitale.

Aïcha Diakité stagiaire

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