Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a lancé une nouvelle alerte sur l’aggravation de la situation humanitaire au Sahel. Selon les Nations unies, près de 24,3 millions de personnes ont aujourd’hui besoin d’une assistance humanitaire urgente dans cette vaste région d’Afrique de l’Ouest.
L’ONU souligne que la crise résulte d’une combinaison de facteurs : l’insécurité persistante, les conflits armés, les déplacements massifs de populations, les effets du changement climatique et la hausse du coût de la vie. Ces facteurs fragilisent davantage des millions de familles déjà vulnérables.
Selon le rapport, la situation sécuritaire continue de se détériorer dans le Sahel central, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger, mais s’étend également à plusieurs pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Les groupes armés poursuivent leur expansion, provoquant des déplacements forcés et perturbant l’accès aux services essentiels.
L’éducation est particulièrement touchée. OCHA indique que près de 12 900 écoles sont fermées à cause de l’insécurité, privant plus de 2,3 millions d’enfants de leur droit à l’éducation.
Sur le plan alimentaire, les perspectives sont alarmantes. Environ 15,4 millions de personnes devraient être confrontées à une crise alimentaire ou à une situation encore plus grave pendant la période de soudure. Parmi elles, plus de 1,5 million risquent de se retrouver en situation d’urgence alimentaire nécessitant une aide immédiate.
Les effets du changement climatique aggravent également la crise. L’ONU rappelle qu’environ 590 000 personnes ont été affectées par des inondations au cours de l’année écoulée, tandis que la sécheresse et la désertification continuent de réduire les capacités de production agricole dans la région.
Face à ces besoins croissants, l’ONU déplore un manque important de financement. Une part importante des fonds nécessaires aux opérations humanitaires n’a pas été mobilisée, obligeant plusieurs organisations à réduire ou suspendre leurs activités.
OCHA appelle ainsi les gouvernements, les bailleurs de fonds et la communauté internationale à accroître leur soutien afin d’éviter une détérioration supplémentaire de la situation humanitaire dans l’une des régions les plus vulnérables.
Maïmouna DAO









