La situation se complique pour les ressortissants burkinabè installés dans les zones aurifères de Siguiri, dans le nord-est de la Guinée. À la suite d’une vaste opération de ratissage menée par les forces de défense et de sécurité, plusieurs d’entre eux chercheraient désormais à regagner leur pays. Alors que des hangars d’orpailleurs ont été incendiés et que l’exploitation artisanale de l’or est suspendue, la question d’éventuelles expulsions se pose. Toutefois, aucune décision officielle visant spécifiquement les ressortissants burkinabè n’a été confirmée.
En Guinée, les opérations contre l’orpaillage clandestin prennent de l’ampleur dans la région aurifère de Siguiri. Au-delà de la fermeture des sites d’exploitation, le sort des ressortissants étrangers, notamment burkinabè, suscite désormais des interrogations.
Selon des informations rapportées par le média guinéen Mediaguinee, plusieurs Burkinabè présents dans la préfecture de Siguiri seraient à la recherche de moyens de transport pour regagner leur pays.
Ces départs envisagés interviennent dans un contexte de renforcement des mesures sécuritaires et environnementales décidées par les autorités guinéennes. Pour l’heure, aucune communication officielle ne fait état d’un ordre d’expulsion collectif visant les ressortissants burkinabè.
Des hangars incendiés, plusieurs zones aurifères ratissées
La semaine dernière, les forces de défense et de sécurité guinéennes ont mené une importante opération dans plusieurs localités de la préfecture de Siguiri, notamment à Kouremalé, Djatéla et Bouré-Kourda.
L’intervention a débuté à Kouremalé, une sous-préfecture située à environ 75 kilomètres de Siguiri. Plusieurs hangars utilisés par les orpailleurs y ont été réduits en cendres.
Les opérations se sont ensuite poursuivies à Djatéla, avant de s’étendre à Bouré-Kourda. À travers ces interventions, les autorités entendent mettre fin à l’exploitation anarchique de l’or, accusée d’entraîner d’importantes dégradations environnementales.
Selon les informations recueillies par le correspondant régional de Mediaguinee, aucune violence physique contre les personnes n’a été signalée au cours de ces opérations.
Les étrangers en situation irrégulière dans le viseur des autorités
Le séjour des ressortissants étrangers dans les zones aurifères fait également l’objet d’une attention particulière des autorités guinéennes.
Dans un communiqué interministériel daté du 2 novembre 2026, le gouvernement a annoncé un renforcement des contrôles sur les sites miniers. Les forces de sécurité sont notamment chargées de vérifier l’identité des personnes présentes ainsi que la régularité de leur séjour.
Le texte précise que les étrangers en situation irrégulière seront soumis aux procédures prévues par la législation guinéenne.
Cette disposition pourrait concerner certains travailleurs étrangers présents dans les zones aurifères. Toutefois, aucun élément ne permet, à ce stade, de déterminer le nombre de personnes susceptibles d’être concernées.
Le gouvernement assure par ailleurs que la libre circulation des personnes et de leurs biens sera garantie et que les opérations se dérouleront dans le respect des droits humains.
La suspension de l’orpaillage fragilise les travailleurs
Cette situation intervient après la décision prise le jeudi 29 octobre 2026 par le gouverneur par intérim de Siguiri, le colonel Fadjimba Mara, de suspendre toutes les activités d’exploitation artisanale de l’or.
Cette mesure vise notamment à freiner la destruction des terres agricoles, la pollution des cours d’eau ainsi que l’utilisation d’engins lourds, notamment les pelles mécaniques, dans l’exploitation aurifère.
La décision touche cependant un secteur qui fait vivre de nombreux travailleurs, guinéens comme étrangers, dont les revenus dépendent directement de l’extraction artisanale de l’or.
Dans plusieurs localités, l’arrêt des activités plonge ainsi les orpailleurs dans l’incertitude, alors que les opérations de ratissage se poursuivent.
Le gouverneur à l’origine de cette décision a lui-même été relevé de ses fonctions le 30 octobre, en même temps que plusieurs autres responsables administratifs de la région.
Expulsions ou départs volontaires ?
Le sort des ressortissants burkinabè présents dans les zones minières reste au cœur des interrogations.
Si certains envisagent de quitter la Guinée, il est encore difficile de déterminer si ces départs sont liés uniquement à l’arrêt des activités économiques, à la crainte des contrôles administratifs ou à d’éventuelles mesures individuelles d’éloignement.
Pour l’heure, aucun bilan officiel d’expulsions n’a été communiqué. Aucun chiffre fiable ne permet non plus d’établir le nombre de ressortissants burkinabè ayant effectivement quitté Siguiri.
En attendant d’éventuelles précisions des autorités guinéennes, les travailleurs étrangers installés dans les zones aurifères restent dans l’incertitude, tant sur leur avenir que sur les conditions d’une éventuelle reprise des activités.
Abdoulaye Maïga
Source : exclusif.net









