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Éducation au Mali : grossesse en cours de scolarité, entre interruption des études et difficile reprise

Au Mali, la grossesse en cours de scolarité peut profondément bouleverser le parcours des adolescentes. Entre interruption des études, pression familiale, difficultés financières et stigmatisation, certaines jeunes mères ne retournent jamais à l’école. Pourtant, un mécanisme de report de scolarité leur permet, sous certaines conditions, de reprendre leur cursus sans être considérées comme redoublantes. Un dispositif qui reste encore insuffisamment connu et appliqué.

Tomber enceinte alors qu’elles sont encore sur les bancs de l’école constitue, pour de nombreuses adolescentes, un tournant dans leur parcours. À la grossesse s’ajoutent souvent les responsabilités liées à la maternité, les difficultés économiques et le regard de l’entourage.

Dans certaines familles, la grossesse d’une élève est vécue comme une honte. La jeune fille peut alors être retirée de l’établissement, parfois de manière définitive. Pour celles qui souhaitent reprendre leurs études, s’occuper d’un nouveau-né, assurer sa garde et poursuivre leur scolarité représentent des défis considérables.

Certaines jeunes mères parviennent néanmoins à retourner à l’école. Pour d’autres, l’interruption devient définitive, compromettant ainsi leurs perspectives d’avenir et pouvant renforcer leur vulnérabilité économique et sociale.

Pourtant, le système éducatif malien prévoit un mécanisme de report de scolarité permettant notamment aux élèves ayant interrompu leurs études en raison d’une grossesse de reprendre leur cursus sans être considérées comme redoublantes.

Mais l’existence de ce dispositif ne suffit pas à garantir le retour en classe. Sur le terrain, plusieurs obstacles peuvent se présenter : manque d’information, difficultés financières, éloignement de l’établissement, absence de solution pour la garde de l’enfant ou encore stigmatisation.

La question dépasse donc le seul cadre scolaire. Pour permettre à une adolescente devenue mère de poursuivre son parcours éducatif, un accompagnement familial et social est également nécessaire.

Les familles ont notamment un rôle important à jouer. Plutôt que de considérer la grossesse comme une raison définitive d’abandonner les études, elles peuvent accompagner la jeune mère dans ses démarches et l’aider à organiser la garde de son enfant.

De leur côté, les établissements scolaires doivent pouvoir informer les élèves sur les dispositifs existants et contribuer à créer un environnement favorable à la reprise des études.

Ainsi, lutter contre l’abandon scolaire des filles-mères passe à la fois par une meilleure connaissance du mécanisme de report de scolarité et par un accompagnement adapté des adolescentes concernées.

Une grossesse ne devrait donc pas, à elle seule, déterminer la fin du parcours scolaire d’une jeune fille. La possibilité de reprendre les études doit pouvoir se traduire, sur le terrain, par un véritable retour en classe.

Nana Kadidia KONÉ

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