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Chaleur au Mali : le calvaire des commerçants face à la conservation des légumes

Au Mali, la montée des températures devient de plus en plus difficile à supporter. En cette période de forte chaleur, où le thermomètre dépasse régulièrement les 40 degrés dans plusieurs régions du pays, les conséquences se font ressentir dans de nombreux secteurs d’activité. Dans les marchés, cette réalité climatique pèse lourdement sur les commerçants de légumes, confrontés chaque jour aux difficultés de conservation de leurs produits.

Dans les marchés de Bamako, dès les premières heures de la matinée, vendeurs et clients tentent de profiter de la relative fraîcheur avant l’arrivée du soleil accablant. Mais très rapidement, la chaleur s’impose. Sous les hangars ou à ciel ouvert, les légumes exposés perdent peu à peu leur fraîcheur : les feuilles se fanent, les tomates ramollissent, les concombres se dessèchent, et certains produits deviennent invendables en seulement quelques heures.

Pour les commerçants, cette situation représente un véritable défi quotidien. Beaucoup affirment perdre une partie importante de leur marchandise chaque jour. « Parfois, nous achetons les légumes très tôt le matin, mais avant même la fin de la journée, une partie est déjà abîmée. Cela nous fait perdre beaucoup d’argent », confie Aminata Traoré, vendeuse rencontrée dans un marché de Bamako.

Faute d’équipements modernes comme des chambres froides ou des systèmes de réfrigération adaptés, la majorité des vendeurs s’appuie encore sur des méthodes traditionnelles pour ralentir la détérioration des produits. Certains aspergent régulièrement leurs légumes d’eau, d’autres les recouvrent de tissus mouillés ou les déplacent constamment afin de les maintenir à l’ombre. Des solutions artisanales qui montrent aujourd’hui leurs limites face à des températures de plus en plus extrêmes.

Au-delà des pertes économiques, cette situation affecte également les consommateurs. La rareté des produits frais et les pertes enregistrées par les commerçants entraînent parfois une hausse des prix sur les marchés, compliquant davantage l’accès aux légumes pour les ménages. « Nous n’arrivons plus à acheter tous les condiments nécessaires à cause de la cherté des prix », témoigne Assan Berté, une cliente rencontrée sur le marché.

Pour plusieurs commerçants, il devient urgent de trouver des solutions durables, notamment à travers l’amélioration des infrastructures marchandes, l’accès à des moyens modernes de conservation et la sensibilisation aux techniques adaptées aux fortes chaleurs.

Au-delà des difficultés économiques, cette vague de chaleur met en lumière les défis liés au changement climatique ainsi que la nécessité de protéger les activités génératrices de revenus dans les marchés, véritables piliers de l’économie locale.

Aïcha Diakité

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