Le 10 janvier prochain, les juges du conseil constitutionnel annonceront les noms des candidats retenus pour l’élection présidentielle prévue le 25 février 2024.
A deux mois du scrutin, c’est une étape clé pour les candidats à la magistrature suprême. Ils avaient jusqu’au mardi 26 décembre inclus pour déposer leurs dossiers de candidature à l’élection du 25 février auprès du Conseil constitutionnel.
Jusque tard dans la soirée, des dossiers ont été déposés. Leur nombre exact n’a pas été communiqué, mais selon les informations du Monde Afrique, environ 70 personnes ont fait acte de candidature, dont le premier ministre Amadou Ba, dauphin de Macky Sall, le président sortant. Face à lui, le principal opposant au parti au pouvoir s’est finalement porté candidat dimanche, après des mois de suspense.
En détention, Ousmane Sonko s’est fait représenter par Ayib Daffé.
Néanmoins, rien ne lui assure que sa candidature sera validée : il n’a soumis ni parrainage, ni attestation pour la caution, pourtant censés être obligatoires. Ousmane Sonko a été condamné à deux ans de prison ferme pour « corruption de la jeunesse » dans un dossier qui l’opposait à Adji Sarr, une employée d’un salon de massage qui l’accusait de viol, et à six mois de prison avec sursis pour diffamation et injure publique à l’encontre du ministre du tourisme, Mame Mbaye Niang. Il est en outre incarcéré pour appel à l’insurrection et atteinte à la sécurité de l’Etat. Mais le 14 décembre, le tribunal de grande instance de Dakar a cassé la décision le radiant des listes électorales.
Néanmoins, la Direction générale des élections (DGE), qui dépend du ministère de l’intérieur, a refusé de lui remettre ses fiches de parrainage. Mardi 19 décembre, Ayib Daffé n’a même pas pu entrer dans les bureaux de la DGE.
Les dossiers des candidats vont désormais être étudiés par les juges du Conseil constitutionnel qui annonceront le 10 janvier ceux qui ont été retenus. La liste définitive des prétendants à l’élection présidentielle sera publiée le 20 janvier, après une période de recours. En 2019, l’institution avait rejeté vingt des vingt-sept candidatures en raison d’erreurs ou de doublons détectés dans les dossiers.
L’élection présidentielle de 2024 pourrait être l’une des plus ouvertes de l’histoire politique du Sénégal. Pour la première fois, le scrutin se tiendra sans la participation du président sortant qui, après douze années au pouvoir, s’est engagé le 3 juillet à ne pas briguer de troisième mandat.
Diaminatou KOTE