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Accord russo-américain sur le diesel : Moscou annonce la signature prochaine des contrats

La Russie annonce la signature prochaine des contrats de fourniture de diesel aux États-Unis, dans le cadre d’un accord conclu entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Selon Moscou, les discussions avancent rapidement et les premières livraisons devraient permettre d’approvisionner les marchés mondiaux, y compris directement le marché américain.

« Tout se fera dans les tout prochains jours », a déclaré Kirill Dmitriev, conseiller du Kremlin chargé de la coopération économique internationale, cité par les agences de presse russes. Il a précisé que Moscou et Washington maintiennent des contacts étroits afin de régler les questions logistiques nécessaires à la mise en œuvre rapide de l’accord.

Des livraisons pouvant atteindre plusieurs millions de tonnes

Le vice-premier ministre russe chargé de l’Énergie, Alexandre Novak, a confirmé que les contrats de fourniture étaient en cours d’élaboration entre les ministères et les entreprises des deux pays.

Selon lui, les livraisons seront destinées aux marchés mondiaux, notamment aux États-Unis. La Russie ambitionne de retrouver progressivement un volume d’approvisionnement compris entre 3 et 3,5 millions de tonnes, comparable à celui qu’elle fournissait avant l’entrée en vigueur des sanctions occidentales.

Moscou estime que ces exportations pourraient contribuer à faire baisser les prix des carburants, dans un contexte de tensions sur les marchés énergétiques. Le gouvernement russe y voit également une source de recettes fiscales supplémentaires et de nouvelles possibilités d’investissement.

Un accord qui suscite des critiques

L’accord a provoqué des réactions critiques en Europe et en Ukraine. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, l’a qualifié de « faible » et d’« indigne ». Donald Trump a, pour sa part, défendu sa décision, affirmant avoir fait « le bon choix pour le peuple américain ».

L’administration américaine a également dénoncé ce qu’elle considère comme une forme d’hypocrisie de la part de certains pays européens, accusés d’avoir continué à acheter des hydrocarbures russes malgré les sanctions imposées depuis 2022.

Aux États-Unis, le projet suscite aussi des divisions au sein du camp républicain. Sept sénateurs se seraient opposés à l’accord, estimant notamment qu’il pourrait être défavorable à l’Ukraine et soulever des questions concernant le respect de la législation américaine adoptée en 2022. D’autres élus ont exprimé leur désaccord en évoquant une possible « trahison ».

Un enjeu énergétique et géopolitique

Cet accord intervient alors que les dépenses militaires russes restent élevées depuis le début de la guerre en Ukraine et que les marchés énergétiques sont soumis à de fortes tensions. Pour Moscou, la reprise des livraisons représenterait une opportunité économique importante. Pour ses détracteurs, elle risque toutefois d’affaiblir la pression exercée sur la Russie en raison de la guerre en Ukraine.

Au-delà des enjeux d’approvisionnement et des prix du carburant, cet accord met en lumière les tensions entre les intérêts énergétiques américains, les sanctions occidentales contre Moscou et le soutien international à l’Ukraine.
Abdoulaye Maïga

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