Le gouvernement nigérien a vivement dénoncé l’expulsion de deux de ses agents par la France en septembre 2026. Dans un communiqué lu mardi à la télévision nationale, les autorités de Niamey ont qualifié cette décision d’« acte d’ingratitude grave et inacceptable », accentuant davantage les tensions diplomatiques entre les deux pays.
S’exprimant sur cette affaire, le ministre nigérien de la Justice, Alio Daouda, a présenté les deux personnes concernées comme des agents chargés de la sécurité à l’ambassade du Niger à Paris. Parmi eux figure Abdoul-Razak Ibrahim Moussa Toro, un officier qui aurait été grièvement blessé en 2014 lors d’une mission menée à Diffa, dans le sud-est du Niger, en coopération avec l’armée française.
Selon le ministre, l’officier avait été évacué en France pour recevoir des soins après ses blessures. Pour les autorités nigériennes, son engagement dans cette mission aurait dû lui valoir davantage de reconnaissance et de protection de la part de la France.
Alio Daouda a également indiqué que l’officier avait reçu une obligation de quitter le territoire français et qu’il avait contesté cette décision devant la justice. Toutefois, le 16 septembre 2026, les autorités françaises l’auraient déclaré persona non grata, une mesure qui aurait également concerné les membres de sa famille, y compris ses enfants. L’intéressé aurait finalement quitté le territoire français le 19 septembre.
Face à cette situation, le ministre nigérien a vivement critiqué la décision de Paris, s’interrogeant sur le traitement réservé à un homme blessé dans le cadre d’une coopération militaire. Niamey reproche notamment aux autorités françaises d’avoir contraint l’officier et sa famille à partir alors qu’une procédure judiciaire était en cours.
Pour l’heure, le ministère français des Affaires étrangères, le Quai d’Orsay, n’a pas commenté ces accusations.
Des relations diplomatiques toujours tendues
Cette nouvelle affaire intervient dans un contexte de fortes tensions entre Niamey et Paris. Les relations entre les deux pays se sont considérablement dégradées après le coup d’État du 26 juillet 2023, qui a renversé le président Mohamed Bazoum et porté le général Abdourahamane Tiani au pouvoir.
À la suite de cette prise de pouvoir, les autorités nigériennes ont dénoncé les accords militaires avec la France, entraînant le départ d’environ 1 500 soldats français présents sur le territoire nigérien. En décembre 2023, Paris a également fermé son ambassade à Niamey, tandis que la représentation diplomatique nigérienne en France est restée ouverte.
L’expulsion des deux agents nigériens risque ainsi d’alimenter davantage les désaccords entre les deux pays, dont les relations restent marquées par la méfiance et les divergences diplomatiques.









