Comme à chaque Coupe d’Afrique des nations, la vente des maillots de l’équipe nationale devient, à Bamako et à l’intérieur du pays, une véritable activité génératrice de revenus. Du début de la compétition jusqu’à l’élimination du Mali, ces tenues – qu’elles soient originales ou issues de la contrefaçon – s’écoulent généralement très rapidement.
Cependant, pour cette 35ᵉ édition de la CAN et la 14ᵉ participation des Aigles du Mali, les revendeurs font face à une réalité bien différente. Depuis l’élimination du Mali, vendredi 8 janvier 2026, nombreux sont ceux qui se plaignent des difficultés liées à la commercialisation des maillots. En cause notamment : le nombre élevé de vendeurs qui se sont lancés dans ce commerce, rendant le marché extrêmement concurrentiel.
Plusieurs revendeurs constatent ainsi une nette différence par rapport aux éditions précédentes. À cette situation s’ajoute une certaine démotivation de nombreux supporters, dont certains doutaient déjà du parcours des Aigles dans la compétition. Résultat : après l’élimination, les stocks de maillots peinent à trouver preneur.
Mamadou Doumbia, rencontré devant sa boutique après la sortie des Aigles, se dit peu surpris par cette situation. Il affirme avoir volontairement évité d’acheter le maillot cette année, convaincu que le Mali n’irait pas loin dans la compétition. « Je voulais attendre une éventuelle qualification avant d’acheter, pour ne pas regretter après », confie-t-il.
Si plusieurs revendeurs estiment que la commercialisation des maillots est devenue moins avantageuse, Mamadou Drako, fort de plusieurs années d’expérience dans le domaine, nuance ce constat.
« Franchement, le marché reste florissant. Le vrai problème, c’est qu’il y a trop de vendeurs aujourd’hui. On ne gagne plus comme avant, mais la vente des maillots ne dépend pas forcément de la qualification du Mali. Qu’on gagne ou qu’on perde, les gens achètent toujours. Les nouveaux revendeurs, surtout ceux qui ont cassé les prix, finiront par se retirer après avoir écoulé leurs stocks », explique-t-il.
De manière générale, la vente des maillots cette année s’est révélée moins bénéfique que par le passé. De nombreux jeunes en ont fait un véritable business, accentuant la concurrence. À cela s’ajoute l’essor des ventes sur les réseaux sociaux, où les prix sont souvent très bas, compliquant davantage la tâche des vendeurs traditionnels.
Malgré ces difficultés, certains parviennent encore à écouler leurs stocks, tant bien que mal. De son côté, la Fédération déplore la prolifération de la contrefaçon, qui impacte directement ses revenus.
Pour rappel, la Coupe d’Afrique des nations 2025, 35ᵉ édition de la compétition, se déroule du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026 au Maroc. Éliminé, le Mali ne participera plus à cette édition, et les maillots des Aigles sont désormais vendus à des prix fortement revus à la baisse.
Nana Kadidia KONÉ









