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Réflexions sur les Bourses Algériennes : Un État de Fraternité

La récente déclaration d’Abdelmadjid Tebboune, évoquant les bourses d’études algériennes pour les étudiants maliens, a suscité des interrogations. Elle met en lumière une perception persistante : celle d’un voisin qui se considère comme un tuteur, alors que le monde a évolué vers des relations plus équilibrées.

Il est vrai que chaque année, des bourses sont accordées à des étudiants maliens, et plusieurs figures éminentes, comme le ministre Diop et le PM Maïga, ont profité de cette opportunité pour briller académiquement en Algérie. Le Mali a toujours été fier d’envoyer ses enfants se former à l’étranger, car la formation est un investissement dans l’avenir, un échange humain et intellectuel.

Cependant, ce que le président Tebboune semble omettre, c’est que le Mali, à son tour, a également contribué à la formation de nombreux cadres étrangers dans divers domaines, tels que la médecine et l’enseignement. Ce soutien a été offert discrètement, sans chercher à le transformer en un atout politique. Le Mali a toujours agi avec générosité, sans jamais considérer cette aide comme une dette à rembourser.

Il est crucial de rappeler que le Mali a été un refuge pour l’Algérie durant sa lutte pour l’indépendance. Des leaders algériens comme Ben Bella et Boumédiène ont trouvé dans notre pays un soutien inconditionnel et fraternel. Cette solidarité n’a jamais été soumise à des conditions ni à des calculs. Le Mali a accueilli ses frères algériens sans attendre de reconnaissance ou de retour sur cet investissement.

Est-il donc juste d’estimer que l’aide du Mali doit être perçue comme une obligation à honorer ? Cette vision est non seulement erronée, mais elle témoigne d’un manque de compréhension des relations internationales. Les nations ne se construisent pas sur des bilans comptables moraux, mais sur des valeurs de respect et d’échange.

Le Mali d’aujourd’hui n’est pas celui que l’on sermonne depuis des tribunes confortables. C’est un État souverain, conscient de ses droits et de sa dignité. Il s’affirme désormais sur la scène internationale avec maturité, en établissant des dialogues d’égal à égal, non par arrogance, mais par une volonté de coopération sincère.

Les bourses algériennes, bien qu’elles représentent une opportunité, ne doivent pas être perçues comme une faveur, mais comme un acte de coopération. Le Mali a aidé l’Algérie à se libérer, et cette histoire doit être reconnue dans le cadre d’une relation véritablement fraternelle.

Il est également essentiel de souligner que cette dynamique d’échange ne doit pas être utilisée pour justifier des discours condescendants ou des postures diplomatiques. Chaque nation a sa propre histoire, et le Mali a toujours été un partenaire loyal, prêt à soutenir ses voisins dans les moments difficiles.

En somme, le Mali a toujours été un allié engagé et fidèle, et il continuera à l’être, tout en affirmant son droit à la dignité et au respect dans ses relations internationales. Le temps est venu de reconnaître cette réalité et de construire des relations basées sur l’égalité, le respect mutuel et la solidarité authentique.

Hawa Sy

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