Chaque année à Bamako, les prix de certaines denrées alimentaires et condiments augmentent pendant le mois de Ramadan. Cependant, cette année, certains produits comme les légumes, les oignons et les pommes de terre sont devenus moins chers sur les marchés. En revanche, d’autres, tels que le gingembre, les allocos et le tamarin, ont vu leurs prix augmenter.
Pendant le Ramadan, commerçants et clients cherchent à acquérir un maximum de condiments, mais cela s’avère souvent difficile. Natènin Diarra, vendeuse de légumes, témoigne : « Cette année, nous remercions Dieu car certains aliments ont vu leur prix diminuer pendant le Ramadan. Par exemple, les oignons se vendent entre 300 et 350 F le kilo, et les pommes de terre à 300 F le kilo. En revanche, le gingembre a connu la plus forte hausse de prix cette année. Nous l’achetons à 1200 F le kilo et le revendons à 1300 F. Parfois, nos clients n’arrivent pas à acheter du gingembre en raison des dons faits pour la charité. D’autres se plaignent du prix, car c’est un produit cultivé chez nous. Ils estiment donc qu’il n’est pas normal qu’il soit si cher. Malheureusement, nous n’avons pas le choix ; nous le vendons au kilo ainsi qu’en détail. Le gingembre peut être utilisé dans des jus ou dans des bouillies et a de nombreuses utilisations. »
Tout le monde souhaite acheter des condiments pour bien organiser la rupture du jeûne chez soi. Rokia Sidibé, également vendeuse de légumes, partage son expérience : « C’est la première fois que je vois une baisse des prix pendant le mois de Ramadan. L’année dernière, c’était très cher. Les gens aimeraient bien acheter des aliments, mais vu l’état du pays, ce n’est pas facile ; beaucoup n’ont rien aujourd’hui. Avant, je venais avec 4 ou 5 pagnes de salades à vendre, mais maintenant nous avons du mal à vendre même un seul pagne pendant ce mois sacré. Nos clients comprennent la situation car ils connaissent déjà les réalités des prix. Lorsque nous achetons avec difficulté, nous sommes obligés de revendre à des prix plus élevés. Les tomates n’étaient pas chères auparavant, mais ces deux derniers jours, elles ont légèrement augmenté. »
Marietou Sidibé, vendeuse d’allocos, établit un parallèle entre ce mois de Ramadan et l’année précédente : « Je vends des alocos mais cette année ils sont chers et il n’y a pas beaucoup de marché en ce moment, ce qui est décourageant. Les marchandises coûtent cher ; même si nous les achetons, il est difficile de les revendre. Actuellement, nous pouvons acheter seulement des oignons, des pommes de terre et quelques légumes ; tout le reste est trop cher. Pendant Ramadan, nous avons besoin d’acheter beaucoup de choses. D’habitude chaque année les alocos sont abordables et nous en vendons beaucoup ; cette année cependant nous faisons face à des pertes dues aux dons pour la charité. Les alocos sont petits ; nous les achetons à 200 F pour trois et les revendons à 500 F pour six ; c’est difficile de vendre avec cette situation. Avant Ramadan, le prix n’était pas trop élevé ; nous les achetions à 200 F pour quatre mais maintenant nous ne pouvons acheter que trois pour 200 F ; donc ce n’est pas facile. »
Les condiments et autres denrées alimentaires sur les marchés ne suivent pas la même tendance en matière de prix. Aminata Traoré, cliente, exhorte les vendeuses à réduire leurs tarifs : « Là où nous sommes, nous pouvons acheter des légumes car c’est moins cher ; cependant la viande et le tamarin ont augmenté en prix. Mon souhait est que les vendeurs diminuent leurs prix car cela nous ferait plaisir durant ce mois béni du Ramadan. »
Les vendeuses interpellent également les autorités sur la nécessité d’une réduction des prix pour ces produits indispensables dans la société malienne : « Nous demandons aux autorités de réduire les prix et d’augmenter les salaires afin que chacun puisse acheter des aliments. La fête approche et cela a un lien direct avec le marché. Si nous n’arrivons pas à vendre nos marchandises il devient difficile de subvenir à nos besoins et à ceux de nos enfants.»
Bien que certains condiments soient moins chers tandis que d’autres ne le sont pas, beaucoup éprouvent des difficultés à se procurer ces produits essentiels durant cette période sacrée. Une diminution générale des prix serait bénéfique pour aider les vendeuses à subvenir aux besoins de leurs familles.
Zénébou Gueye