Depuis la Révolution islamique de 1979, les femmes en Iran sont tenues de couvrir leurs cheveux dans les espaces publics. Cependant, un nombre croissant d’entre elles se montrent désormais tête découverte dans les rues, un phénomène accentué par la mort de Mahsa Amini, attribuée à la police des mœurs.
Cette situation soulève des craintes quant à l’impact d’une nouvelle loi prévoyant des amendes équivalentes à 20 mois de salaire pour le non-respect du code vestimentaire, ce qui pourrait entraîner d’importants troubles sociaux.
Lors de sa conférence de presse après son élection en juillet dernier, le président iranien Massoud Pezeshkian avait promis que la police des mœurs ne perturberait plus les femmes au sujet du port obligatoire du voile. Cette déclaration faisait suite à la mort tragique de Mahsa Amini, une jeune femme kurde de 22 ans, arrêtée pour avoir enfreint le code vestimentaire.
La mort de Mahsa Amini en détention avait provoqué une onde de choc à travers le pays. À cette époque, Pezeshkian avait également annoncé son intention de durcir les restrictions sur certaines plateformes comme Instagram et WhatsApp, qui avaient été bloquées, ainsi que sur YouTube, Facebook et Twitter, auparavant interdites. Lors de sa campagne électorale, il s’était engagé à retirer la police des mœurs des rues et à s’opposer à toute forme de contrainte envers les femmes, exprimant sa « honte » face à ces pratiques.
Cependant, la mise en œuvre de ces promesses pourrait s’avérer difficile en raison du contrôle exercé par des groupes conservateurs. De plus, une nouvelle loi visant à durcir les sanctions contre les femmes enfreignant le code du voile a été validée par le parlement et attend la ratification du président iranien prévue pour le 13 décembre 2024 avant d’entrer en vigueur.
Oumou Coulibaly