À l’approche du mois sacré de Ramadan, les autorités maliennes se voulaient pourtant rassurantes. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, avait annoncé avec optimisme que toutes les dispositions étaient prises pour garantir un approvisionnement normal du marché durant le Ramadan. Une déclaration qui avait alors rassuré une partie de la population. Selon le ministre, les stocks disponibles sur le territoire national étaient « suffisamment importants », tandis que d’autres cargaisons étaient en cours d’acheminement pour sécuriser la période de forte consommation.
Mais à peine deux semaines après le début du Ramadan, la réalité semble contredire ces promesses. Dans la capitale, Bamako, on observe de longues files d’attente de véhicules en quête de gasoil devant plusieurs stations-service. Certains conducteurs passent parfois plusieurs heures dans l’espoir de pouvoir se ravitailler.
Cette situation, qui se répète dans plusieurs quartiers de la ville, commence à inquiéter les citoyens. Beaucoup redoutent un scénario déjà vécu : celui d’une crise prolongée du carburant susceptible de perturber le transport, d’augmenter le coût des denrées et de ralentir l’activité économique. Pour de nombreux observateurs, ces pénuries naissantes rappellent les périodes difficiles où l’économie nationale avait été fortement secouée par des ruptures d’approvisionnement.
Face à ces tensions, plusieurs questions se posent : comment expliquer ces difficultés alors que les autorités évoquaient des stocks suffisants ? Y a-t-il eu des défaillances dans la planification des importations ou dans la gestion des réserves stratégiques ? Ou s’agit-il plutôt d’un problème de distribution sur le terrain ? Autant d’interrogations qui alimentent aujourd’hui le débat dans les milieux économiques et sociaux.
Pour le gouvernement, l’enjeu est désormais clair : rassurer une population déjà éprouvée par les difficultés économiques et prendre rapidement des mesures concrètes pour stabiliser le marché du carburant. La transparence dans la gestion des stocks et une communication claire avec les citoyens apparaissent comme des impératifs afin d’éviter que cette tension naissante ne se transforme en véritable crise nationale.
En attendant des réponses plus précises, les files d’attente devant les stations-service de Bamako restent le symbole visible d’une promesse mise à l’épreuve par la réalité du terrain. Pour beaucoup de Maliens, l’espoir demeure que des solutions rapides soient trouvées afin que cette période de Ramadan ne soit pas marquée par une nouvelle crise énergétique, qu’il s’agisse du gasoil ou même de l’essence. Une question demeure : des solutions concrètes seront-elles trouvées d’ici la fin de ce mois ?
Nana Kadidia KONÉ
Source : Mali24









