Le musicien, compositeur et arrangeur malien Boncana Maïga s’est éteint ce samedi 28 février 2026 à Bamako, plongeant la scène musicale malienne et africaine dans une profonde tristesse. Figure majeure de la fusion afro-cubaine, il fut également un mentor respecté de plusieurs générations d’artistes.
Selon des sources familiales concordantes, Boncana Issa Maïga est décédé à l’âge de 77 ans à la Clinique Pasteur de Bamako. Né en 1949 à Gao, il s’impose très tôt comme l’un des talents les plus prometteurs de sa génération en intégrant le Négro Band de Gao, formation emblématique du Mali post-indépendance.
Dans les années 1960, il bénéficie d’une bourse pour étudier la musique à La Havane, à Cuba. Cette immersion marque profondément son parcours artistique. Il y approfondit le solfège, la flûte et le saxophone, et participe à l’aventure du groupe Las Maravillas de Mali, devenu un symbole de la rencontre entre rythmes africains et musique cubaine. Cette fusion deviendra la signature de son œuvre.
Installé par la suite en Côte d’Ivoire, Boncana Maïga occupe des fonctions clés dans le paysage culturel ouest-africain. Il enseigne la musique, dirige l’orchestre de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) et s’impose comme l’un des arrangeurs les plus sollicités de la sous-région, façonnant le son de nombreux artistes africains.
En 1992, il cofonde le projet Africando aux côtés du producteur Ibrahima Sylla. Le groupe connaît un succès international en associant voix ouest-africaines et instrumentation salsa, contribuant à populariser une esthétique afro-latine sur les scènes européennes et américaines.
Au-delà de la scène musicale, Boncana Maïga s’investit dans la promotion culturelle. Il anime l’émission télévisée Stars Parade, diffusée sur TV5, mettant en lumière la diversité des musiques africaines. De retour au Mali dans les années 2000, il crée Maestro-Sound Mali, une structure dédiée à la production et à l’encadrement de jeunes talents.
Récompensé en 1997 par un Kora Award du meilleur arrangeur, il restera une référence incontournable pour les musiciens du continent. Il était également lié à la scène artistique ouest-africaine par son union avec la chanteuse guinéenne Kandia Kouyaté.
De nombreux artistes africains de renom ont bénéficié de son savoir-faire exceptionnel, à travers des arrangements portant indéniablement sa signature artistique, notamment Adja Soumano, Tata Bambo Kouyaté, Fousseyni Sissoko, Aïcha Koné, Gadji Céli, Alpha Blondy, Meiway, Orentchy, ainsi que Kamaldine.
Avec sa disparition, le Mali et l’Afrique perdent l’un des architectes majeurs du dialogue musical entre les continents. Son héritage artistique, fondé sur la rigueur académique et l’ouverture culturelle, continuera d’inspirer les générations futures.
Les obsèques du maestro auront lieu le dimanche 29 février 2026, à partir de 14 heures, à Baco Djicoroni Golf, à son domicile.
Nana Kadidia KONÉ









