Turquie : Recep Tayyip Erdogan s’en prend aux défenseurs de la laïcité en plein ramada
Une nouvelle polémique agite la Turquie en pleine période de ramadan. Mercredi 25 février, le président Recep Tayyip Erdogan a vivement critiqué les signataires d’une tribune mettant en garde contre de possibles atteintes au principe de laïcité, notamment dans le système éducatif.
À l’origine de la controverse figure une initiative récente du ministère turc de l’Éducation, accusée de renforcer la place des références religieuses dans certains programmes scolaires. Face à cette évolution, plusieurs universitaires, intellectuels et défenseurs de la laïcité ont publié une tribune exprimant leurs inquiétudes. Ils estiment que ces orientations pourraient fragiliser l’équilibre entre religion et État, considéré comme l’un des fondements historiques de la République turque.
En réaction, le chef de l’État a dénoncé des prises de position qu’il juge déconnectées des valeurs de la société turque. Il a accusé certains milieux de chercher à marginaliser l’expression religieuse dans l’espace public, réaffirmant sa volonté de défendre une place plus visible de la religion dans la vie sociale et institutionnelle du pays.
Recep Tayyip Erdogan, dont l’action politique est régulièrement associée à un conservatisme assumé, défend depuis plusieurs années une redéfinition du rôle de la religion dans la sphère publique. Cette orientation suscite de vives critiques de la part de l’opposition et des défenseurs d’une laïcité stricte.
Ce nouvel épisode ravive un débat ancien et sensible en Turquie. Si la laïcité demeure inscrite dans la Constitution, son interprétation continue de diviser la société, opposant les partisans d’une séparation rigoureuse entre religion et État à ceux qui plaident pour une présence accrue des références religieuses dans les institutions publiques.
Zénébou GUEYE









