Les autorités tchadiennes ont annoncé ce lundi 23 février 2026, la fermeture immédiate jusqu’à nouvel ordre, de sa frontière orientale avec le Soudan. La décision du Tchad de fermer immédiatement sa frontière orientale avec le Soudan traduit une inquiétude sécuritaire de plus en plus pressante face aux répercussions régionales du conflit soudanais. En invoquant des incursions répétées et des violations de son territoire, N’Djamena cherche avant tout à contenir toute tentative de débordement d’une guerre qui dure depuis près de trois ans et dont les effets dépassent largement les frontières soudanaises.
Cette fermeture, présentée comme une mesure de prévention, marque aussi un durcissement de la posture tchadienne. Le message est clair : le Tchad entend défendre fermement son intégrité territoriale et se réserve le droit de riposter à toute agression. Une position qui s’inscrit dans un climat de méfiance croissante entre les deux pays, alimenté par des accusations croisées et des incidents à répétition le long de la frontière.
Mais au-delà de l’enjeu sécuritaire, cette décision soulève d’importantes préoccupations humanitaires. Le Tchad accueille déjà près d’un million de réfugiés soudanais, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, sur les quelque 13 millions de personnes déplacées par le conflit. La fermeture des points de passage, même assortie de dérogations humanitaires, risque de compliquer l’acheminement de l’aide et de fragiliser davantage des populations déjà vulnérables.
En l’absence, pour l’instant, de réaction officielle de Khartoum, cette décision pourrait accentuer les tensions diplomatiques et sécuritaires dans une région déjà sous forte pression. Elle illustre surtout la difficulté, pour les pays voisins du Soudan, de trouver un équilibre entre impératifs de sécurité nationale et devoir humanitaire face à l’une des crises les plus graves du continent.
Aïcha Diakité, stagiaire









