La crise à la Fédération malienne de football entre dans une phase décisive, avec deux visions opposées sur la sortie de crise.
D’un côté, le camp du respect strict des textes.
Il plaide pour l’application immédiate des statuts actuels, la convocation rapide d’une Assemblée générale extraordinaire, la mise en place d’une transition courte et l’organisation d’élections dans les délais.
Pour ces acteurs, toute remise en cause des textes exposerait le football malien à une instabilité durable et à d’éventuelles sanctions de la FIFA.
Mais cette option comporte un risque : celui de reconduire les mêmes problèmes à travers des structures contestées.
À l’opposé, le camp de la réforme profonde.
Qui estime que la crise est le résultat de fondations fragiles et conteste la légitimité des statuts, des ligues et des districts existants.
Pour lui, sans refondation du système, aucune élection ne peut être crédible.
Problème : une telle réforme ne peut être menée dans les délais généralement accordés par la FIFA.
Le point de blocage est donc clair :
comment organiser une élection crédible avec des textes et des structures que de nombreux acteurs jugent illégitimes ?
Plusieurs scénarios sont possibles :
une solution rapide mais fragile, un bras de fer prolongé avec risque d’intervention de la FIFA, ou un compromis politique encadré.
L’État et la FIFA cherchent avant tout à préserver la stabilité et l’image du football malien.
A cause de se problème, 13 membres du bureau de la fédération ont rendu leur démission.
La FEMAFOOT se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins :
aller vite pour sauver l’institution,
ou prendre le temps de la refonder durablement.
La crise qui secoue la Fédération malienne de football entre dans une phase décisive.
Au cœur des débats, deux visions opposées s’affrontent désormais sur la manière de sortir de l’impasse.
D’un côté, le camp du respect strict des textes.
Ces acteurs plaident pour l’application immédiate des statuts en vigueur, notamment l’article 38.10.
Ils réclament la convocation rapide d’une Assemblée générale extraordinaire afin de constater la vacance du comité exécutif, mettre en place une transition courte et organiser des élections dans les délais statutaires.
Pour eux, les textes existent et s’imposent à tous. Toute remise en cause ferait courir au football malien un risque d’instabilité durable, voire de sanctions de la FIFA.
Mais cette option comporte un danger : celui d’organiser une élection rapide sur la base de structures contestées, avec le risque de reproduire les mêmes dysfonctionnements.
En face, le camp de la réforme profonde.
Ces acteurs estiment que la crise actuelle trouve son origine dans des fondations fragiles.
Ils remettent en cause la légitimité des statuts, des ligues et des districts mis en place par l’ancien bureau, jugés irréguliers.
Selon eux, sans refondation du système, toute élection serait biaisée dès le départ.
Pour ce camp, la priorité n’est pas la rapidité, mais la crédibilité du processus.
Problème : une réforme structurelle complète ne peut raisonnablement être menée dans le délai de six mois généralement accordé par la FIFA pour une normalisation.
C’est là que se situe le principal point de blocage.
Comment organiser une élection crédible avec des textes et des structures que près de la moitié des acteurs jugent illégitimes ?
Une Assemblée générale rapide risque d’être rejetée par les réformistes, tandis qu’une transition prolongée pourrait être perçue par la FIFA comme une dérive hors cadre statutaire.
Plusieurs scénarios se dessinent.
Le plus probable à court terme reste une solution minimale : une Assemblée générale, un organe transitoire et des élections encadrées, au prix d’une crise latente non totalement résolue.
Autre hypothèse : un bras de fer prolongé, avec contestations et recours, augmentant le risque d’une intervention directe de la FIFA.
Enfin, un compromis politique encadré pourrait émerger : une transition négociée avec la FIFA et un engagement clair vers des réformes progressives après les élections.
Dans ce contexte, l’État et la FIFA jouent un rôle clé.
L’État cherche à éviter une crise sociale autour du football et à préserver l’image du pays, tout en restant officiellement non-ingérant.
La FIFA, elle, veille au respect des textes, à la continuité institutionnelle et à un retour rapide à une gouvernance élue.
En conclusion, la FEMAFOOT se trouve à la croisée des chemins : aller vite pour sauver l’institution, ou prendre le temps de la refonder en profondeur.
Sans compromis intelligent, le football malien risque de sortir de la crise… sans en être réellement sorti.
Abdoulaye Maïga
Source : Les Echos du Sport









