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Les jumeaux à Bamako : entre bénédiction et exploitation

« Les jumeaux vous saluent ! » Qui peut affirmer n’avoir jamais entendu cette expression à Bamako ? Presque personne. C’est la pharse magique des jumeaux qui mendient dans la capitale malienne. Un phénomène encré dans la tradition, mais qui soulève de sérieuses questions.

L’origine d’une pratique paradoxale

Au Mali, la naissance de jumeaux est perçue comme un miracle, une véritable bénédiction. Cette croyance ancestrale a forgé l’idée que faire l’aumône aux jumeaux attire la grâce et la chance. De ce fait, avoir des jumeaux est, pour certains, devenu un moyen d’obtenir de l’argent facilement.

À qui profite cette mendicité ?

La réponse est claire : ce sont principalement les parents qui en tirent profit, et dans certains cas, des femmes qui « louent » des jumeaux. Ces enfants sont exploités, contraints de mendier du matin au soir aux carrefours. Leurs gains, souvent, reviennent à la famille ou à la personne qui les emploie, transformant ainsi une bénédiction en source de revenus.

Quel avenir pour ces enfants ?

La mendicité expose les jumeaux à de graves dangers. Ils risquent des accidents de la circulation, des maladies liées à la malnutrition, l’épuisement de la rue, et bien d’autres. Il est particulièrement déplorable de voir des enfants en âge d’être scolarisés se retrouver dans la rue. Sans éducation sociale et scolaire, nombreux d’entre eux risquent de tomber dans la délinquance.

Les conséquences pour la société

La mendicité est un fléau qui ne doit pas être encouragé. Elle engendre la paresse et, transforme les individus en charges pour la société. Perçue comme un signe de pauvreté, elle nuit également à l’image d’un pays.

Bien que la tradition malienne accorde une place particulière à la charité envers les jumeaux, cette coutume est aujourd’hui devenue une opportunité de revenus illicites. Il est crucial de rappeler que, sur le plan juridique, la mendicité sur la voie publique est interdite au Mali par l’article 183 du Code pénal. De plus, l’incitation d’un mineur à la mendicité est passible d’une peine de trois mois à un an de prison.

Korotoumou Togola

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