Face aux embouteillages chroniques qui paralysent Bamako aux heures de pointe, le jeune Mohamed Daou a décidé de mettre son énergie au service de sa communauté. Volontaire et passionné, il s’engage bénévolement à Kalaban Coura ACI pour fluidifier le trafic et guider les usagers de la route.
« J’exerce cette activité depuis plus de 20 ans. Personne ne m’y oblige, c’est ma passion. J’aime sincèrement ce que je fais. Beaucoup de gens me connaissent ici. Je travaille du lundi au vendredi, de 16h à 22h, avec mes jours de repos le samedi et le dimanche. La nuit, j’utilise une torche pour m’éclairer, car c’est à cette heure que les embouteillages deviennent les plus intenses », explique Mohamed.
Jean Daniel Mamadou Traoré, témoin de son engagement, souligne l’utilité de son action bénévole : « Mohamed est quelqu’un de jovial et simple. Il aime ce qu’il fait, il le pratique tous les jours, même s’il a décidé de se concentrer sur certains jours. Nous l’encourageons, tout comme les gens qui lui offrent des présents. Dans la vie, chacun a sa voie. Vu sa situation, Mohamed mérite d’être soutenu. Je demande aux autorités maliennes d’encourager ce genre d’initiatives. Il arrive qu’on fasse appel à lui ailleurs pour gérer la circulation. Il serait souhaitable de trouver des arrangements pour lui, et je lui conseille de viser plus loin. Il se déplace à vélo. Ce serait formidable s’il pouvait avoir un moyen de transport plus adapté pour faciliter ses déplacements. Nous aimerions voir des améliorations concrètes dans sa vie, au-delà des simples transports occasionnels. Nous espérons un soutien réel des autorités. »
Pour beaucoup, l’action de Mohamed Daou est une véritable preuve d’amour pour la patrie. Astan Diallo, une citoyenne, salue son dévouement : « Le travail de Mohammed est précieux. Quand il est là, on constate moins d’accidents et les usagers circulent plus sereinement, sans créer de blocages. Ce n’est pas un travail facile, surtout compte tenu des conditions, et certaines personnes ne facilitent pas sa tâche. Tant qu’il est présent, nous sommes plus tranquilles. Il vient travailler tous les jours, sauf le dimanche. Il fait face à de nombreuses difficultés, notamment lorsque les gens ne l’écoutent pas quand il leur demande de s’arrêter. Il essaie de leur expliquer que c’est pour leur bien, mais s’ils l’écoutaient, la circulation serait beaucoup plus fluide pour tous. Son engagement bénévole démontre son amour pour son pays, car même si tout travail est fait pour soi, lui le fait pour les autres. »
Mohamed Daou, animé par sa passion, aspire à être soutenu pour continuer son engagement : « Beaucoup de gens m’aident dans ce travail en me donnant de l’argent. Grâce à cela, j’arrive à subvenir à mes besoins. Le mois dernier, un monsieur m’a donné 100 000 francs. J’aimerais avoir un moyen de déplacement qui me permettrait de réguler la circulation dès le matin, car actuellement je me déplace à vélo. Si je pouvais avoir une moto, je pourrais venir travailler aussi bien le matin que le soir. »
Comme le dit le proverbe, il faut aimer ce que l’on fait. L’initiative bénévole de Mohamed Daou est saluée par beaucoup, car il contribue à réduire les embouteillages et à apaiser les tensions sur les routes. Son engagement volontaire fait de lui un citoyen exemplaire, dévoué à sa patrie.
Zénébou GUEYE