L’aumône, pilier de la charité islamique, prend une importance particulière durant le Ramadan. Cet acte dépasse les simples devoirs religieux, il crée un lien social où la communauté se sent impliquée dans la vie des autres.
Considérée comme une action où personne ne doit être mis de côté, l’aumône n’est pas qu’une question de générosité. Elle permet non seulement de prolonger la vie d’une personne et de la protéger du mauvais œil, selon les hommes de culte.
Elle ouvre aussi la voie à la bienveillance divine. Cet acte doit être dépourvu de toute recherche de reconnaissance ; s’il en était autrement, il perdrait toute sa valeur, selon la religion.
El Hadji Ibrahim Niamassouba, maître coranique de Para Djikoroni, explique quelques bienfaits de cet acte. Selon lui : « L’aumône est un don fait au nom d’Allah. Selon le Prophète (Paix et Salut sur Lui), elle contribue à prolonger la vie et à renforcer les liens familiaux. Bien qu’elle ne soit pas obligatoire, elle constitue un bienfait pour ceux qui la pratiquent. En revanche, la Zakat est une obligation pour ceux qui en ont les moyens. Le Prophète (Paix et Salut sur Lui) a également dit que l’aumône repousse 350 démons qui cherchent à nuire à l’homme.
L’aumône peut être donnée à un mendiant, mais elle ne doit pas être motivée par la recherche de reconnaissance ou de gloire. Elle doit être sincère et offrir des biens de qualité, non des objets inutilisables.
Pour les chefs de famille, l’aumône revêt une importance capitale dans la vie quotidienne. Elle sert non seulement de bouclier protecteur, mais elle assure également une certaine bienveillance divine. Toute personne qui ne pratique pas l’aumône dépend du salut de ceux qui le font. Il n’est pas nécessaire d’être riche ou pauvre pour donner.
Sanoussi Niamassounou, un chef de famille du quartier de Para Djikoroni, souligne : « Celui qui ne donne pas de l’aumône est toujours dépendant du salut de ceux qui la pratiquent. Si Dieu t’accorde les moyens, n’hésite pas à rendre ce qu’Il t’a donné. L’aumône est comme une graine que l’on plante : plus tu donnes, plus tu reçois en retour. J’appelle les chefs de famille à pourvoir aux besoins de leurs proches avant d’envisager d’aider ceux qui sont à l’extérieur. »
En somme, en ce mois béni du Ramadan, chaque geste de générosité est un pas vers la lumière divine. D’un bout à l’autre de Bamako, cet acte revêt une ampleur énorme et constitue un moyen pour chacun de montrer son appartenance à cette religion islamique où donner permet de recevoir.
Oumou Coulibaly