Dans les rues animées de Bamako-Coura, au milieu du bruit des marteaux et du frémissement du bois sous les métaux affûtés, l’encadrement de décorations demeure un métier noble, reflet du talent et de la résilience de ceux qui l’exercent.
Ce métier ne se limite pas à une simple question d’esthétique. Ce sont des artisans passionnés qui allient talent, ingéniosité et savoir-faire pour sublimer des œuvres d’art, des photos, des certificats et d’autres objets précieux. Cependant, derrière la beauté des cadres qu’ils fabriquent, ces professionnels font face à de nombreux défis : difficultés d’importation des matériaux, coupures d’électricité constantes, perte de clientèle, mais aussi cette volonté inébranlable de préserver un métier essentiel à la valorisation du patrimoine culturel et personnel.
Autrefois dynamique grâce aux commandes de nombreuses organisations et institutions, le secteur de l’encadrement souffre aujourd’hui de la baisse d’activité des ONG et des entreprises. Cette diminution de la clientèle met en péril l’équilibre économique de nombreux artisans qui doivent redoubler d’efforts pour maintenir leur activité à flot.
Selon un employé de cette boutique : « Notre plus grande difficulté est la perte de clients. Même si nous avons de bons produits, si nous ne parvenons pas à les écouler, cela peut engendrer d’énormes problèmes. Avant le coup d’État, les ONG et les entreprises privées passaient beaucoup de commandes. De nos jours, l’importation des matériaux est de plus en plus compliquée et la concurrence est très forte. Il y a une grande différence entre qualité et quantité, ce qui rend la situation encore plus difficile. »
À cela s’ajoutent les coupures d’électricité qui entravent leur production et augmentent leurs coûts de fabrication. D’ailleurs, Souleymane Koné, qui évolue dans le domaine depuis 12 ans, nous a expliqué combien ces coupures incessantes impactent leurs dépenses et leur efficacité.
En raison des taxes douanières élevées et des restrictions d’exportation, ce métier pourrait non seulement survivre mais aussi prospérer avec un accompagnement adéquat, offrant ainsi aux artisans de nouvelles opportunités.
« Nos matériels sont industrialisés ; ils viennent de Chine et Dubaï. Nous demandons aux autorités de diminuer les taxes douanières afin de nous permettre d’exercer notre métier », a déclaré Mamadou Lamine Meinté, un jeune homme évoluant dans ce domaine depuis plus de vingt ans aux côtés de son père. Pour lui, ce métier représente un héritage précieux.
Toujours en quête de diversifier leurs offres, ces encadreurs demeurent optimistes. Leur passion et leur savoir-faire leur permettent de s’adapter aux évolutions du marché tout en gagnant leur « pain quotidien ». La satisfaction de leurs clients reste leur plus grande motivation au quotidien.
Oumou Coulibaly