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Mali : Le Gouvernement inflige une lourde somme à la presse

Il s’agit de millions que les organes de presse devront payer chaque année.

Les télévisions commerciales paieront 30 millions de Francs CFA chaque année pour l’Etat, 20 millions pour la couverture nationale, 10 millions pour la couverture régionale. Pour les télévisions non commerciales, la redevance annuelle pour la couverture nationale est de 10 millions F CFA, 5 millions pour la couverture régionale et 2 millions pour la couverture locale. La redevance annuelle pour les web TV est fixée à 1.500.000 FCFA. Pour avoir une radio commerciale, il faut désormais payer 2 millions pour les frais d’études et 10 millions pour les frais d’accès. Pour les radios non commerciale, il faut verser 1 million pour les frais d’études et 5 millions pour les frais d’accès. Pour les web radio, la redevance annuelle est fixé à 1 000 000 FCFA. Ce sont entre autres les montants et les modalités de paiement de la redevance annuelle pour l’exploitation des services privés de communication audiovisuels, fixés par les arrêtés interministériels signés le 31 décembre passé.

Selon les hommes de presse, Ces montants fixés par les autorités de la transition sont exorbitants.

La somme qui est décidée pour les redevances, la mise en conformité et le droit d’accès, c’est énorme pour les radios.》 a déclaré Salif Cissé, ancien directeur de la radio Donko. Avant d’ajouter que :《 Dans un pays où on n’arrive même pas à vivre normalement, c’est un coup énorme pour la presse malienne.

De son côté Alou Touré, Directeur général de la radio Donko trouve très étonnant cette décision prise par les autorités maliennes. Cela surtout durant cette période particulièrement difficile pour la presse malienne.

Je ne pourrai pas imaginer que vu le contexte actuel du pays, les autorités peuvent se permettre de prendre de telle décision, ou bien de penser même à ce genre d’arrêtés.》 s’est-il interrogé.

Concernant les tarifs existants, certains médias n’arrivent même pas à les payer. Et ils sont fermés à cause du non payement de ces tarifs. Et si on augmente encore, selon Modibo Fofana, président d’Appel Mali, c’est bonjour la programmation de la mort des médias. 《Nous avons dit que les médias ne pourront pas tenir un nouveau paiement de tarifs de redevance augmentés. 》a-t-il souligné.

Cette politique qui vient de viser les organes de presse audiovisuelle et en ligne vient à point nommé mettre de l’huile sur le feu. C’est pourquoi les associations de la presse audiovisuel et en ligne, dans leur communiqué du 08 février dernier, demande la suspension pure et simple de ces arrêtés, considérant que c’est une menace directe à la survie de la presse malienne toute entière.

On a demandé aux autorités de surseoir complètement ces arrêtés. Parce que nous savons que c’est intenable et insoutenable. On ne peut pas payer cet argent, car on n’a pas les moyens, eux-mêmes ne nous aident pas. Nous demandons s’ils veulent vraiment notre survie. 》a regretté Alou Touré, Directeur général de la radio Donko.

Dans le même sens que le DG de la Radio Donko, le président Modibo Fofana a déclaré que :《 Au niveau des faîtières, nous avons demandé aux autorités de suspendre ses arrêtés afin de faire respirer un peu nos médias qui sont agonissants, dont leur survie est aujourd’hui menacée par la crise .》

Pour l’instant certaines démarches sont en cours pour trouver un terrain d’entente avec les autorités actuelles. Concernant cette énorme sommes que certains médias ne pourront nullement payer.

Les démarches que nous avons déjà entamé c’est d’échanger avec le ministre de l’économie et des finances ,et ministre de la communication et même le premier ministre pour expliquer les difficultés auxquelles les médias sont confrontés. Et puis nous demanderons leur clémence afin d’aller vers une solution concertée. 》déclare Modibo Fofana.

L’adoption de ces nouveaux tarifs pour la presse audiovisuel et ligne au Mali rentre dans le cadre de la réforme du Code général des impôts, tenant en compte la taxe sur les services de communication. Les faîtières de la presse feront de leur mieux un afin de trouver un consensus avec les autorités maliennes concernant ces sommes colossales de redevance et la mise en conformité des médias concernés.

Abdoulaye Maïga 

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