Le marché « Wonida » de Bamako est le principal marché de légumes de la capitale, où les produits sont vendus à des prix très abordables. Actuellement, les carottes sont particulièrement disponibles à Wonida et dans divers autres marchés. Ce légume est très apprécié par une grande partie de la population pour plusieurs raisons.
Les vendeuses de carottes, comme Aby Traoré, nous éclairent sur l’approvisionnement et la conservation de ces produits.
« Nous sommes en pleine période de vente des carottes. Nous les achetons à Djako, au champ, à Sotuba, et parfois même à Kati. Nous utilisons les carottes pour différentes préparations, comme les sauces et les soupes. Je les vends entre 100 et 200 francs. Auparavant, nous réalisions un certain bénéfice, mais maintenant, nous n’avons plus de profit ; le transport est cher et la production est moins importante. Par exemple, je peux acheter pour 20 000 francs de carottes et n’en tirer qu’environ 4 000 francs de bénéfice. La conservation des carottes est également difficile. Dès le matin, je sors pour aller acheter, puis je les lave une par une. Une carotte peut se conserver pendant une semaine sans pourrir si elle est bien stockée. Il suffit de la mettre dans un endroit frais et de la couvrir », a-t-elle insisté.
Aminata Coulibaly, vendeuse de carottes au marché Wonida, nous explique les différentes qualités de ces légumes et celles qui sont les plus appréciées par la population.
« Alhamdoulillah, il y a du marché en ce moment. Nos carottes viennent du Maroc, mais nous vendons aussi celles de Bamako. La carotte de Bamako a des feuilles, tandis que celle du Maroc n’en a pas. Il y en a également provenant de Sikasso. Les localités sont nombreuses, et nous ne pouvons pas toutes les citer. Les gens apprécient beaucoup les carottes du Maroc parce qu’elles sont plus délicieuses que celles de Bamako. Nous n’avons pas de prix fixe ; ici, le kilo est à 700 francs. Je vends trois carottes pour 200 francs et une botte pour 500 francs. Nos clients sont principalement des revendeurs qui se rendent dans les petits marchés, c’est-à-dire des personnes qui achètent en gros », a-t-elle dit.
Grâce à son importance, certaines personnes n’hésitent pas à consommer des carottes. Bakary Therra, un consommateur, nous parle de son expérience.
« La carotte est très bonne. Chaque jour, j’en achète et depuis que j’ai commencé à la consommer, j’ai constaté une nette amélioration au niveau de mes yeux. Elle est également bénéfique pour la santé ; si tu la consomme régulièrement, elle te protège contre certaines petites maladies. Je les achète entre 200 et 250 francs puis je les ramène chez moi. Je conseille ceux qui ne consomment pas encore de carottes d’en commencer l’utilisation. Si tu en manges régulièrement, il te sera difficile d’avoir des problèmes de vue. Après seulement deux jours d’utilisation, tu remarqueras déjà des résultats », a-t-il confirmé.
Chaque métier a ses avantages et ses inconvénients. Cependant, Araba Diakité, vendeuse de carottes au marché Wonida, nous parle des difficultés et des avantages qu’elle rencontre avec ses marchandises.
« Depuis petite, je venais vendre des carottes avec ma mère. Cela m’a permis d’apprendre et de diversifier mes ventes au marché où je propose également de la salade, des concombres, des pommes de terre et de l’alloco. Cependant, nous rencontrons des difficultés surtout quand le prix des carottes augmente. Sans argent, il est impossible d’acheter. Certains commerçants prennent du crédit sans payer leurs dettes. Nous achetons nos carottes au marché de Soukouni Koura pour les revendre à Wonida. Il arrive que certaines soient pourries ; si nous perdons 30 kilos, ils ne remboursent que 10 ou 15 kilos perdus. Les carottes peuvent durer jusqu’à 5 mois si elles sont en bon état. Mais en saison sèche elles se gâtent vite. Le meilleur moment pour vendre est de novembre à janvier ; après cela devient plus difficile », a-t-elle martelé.
En fin de compte, la carotte est bien plus qu’un simple légume sur les étals du marché Wonida. Elle représente le travail acharné et la passion des vendeuses qui font face à des défis quotidiens pour offrir ce produit à la population. Que ce soit dans un plat spécial ou dans l’alimentation quotidienne, la carotte trouve sa place dans le cœur d’un grand nombre de personnes.
Zénébou Gueye