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Sport: L’ONU appelle la France à lever l’interdiction du hijab dans le sport, considérée comme discriminatoire

Bien que la discrimination religieuse soit prohibée par l’article 1er de la Constitution française et plusieurs textes internationaux, tels que l’article 14 de la Convention européenne des droits de l’Homme, l’article 21 de la Charte des droits fondamentaux, ainsi que les articles 2 et 26 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la France continue de susciter des débats en adoptant des mesures discriminatoires concernant le port du hijab pour les femmes athlètes.

Dans un communiqué publié le lundi 28 octobre 2024, des experts des Nations Unies ont demandé à la France de revenir sur l’interdiction faite aux femmes et aux filles portant le hijab de participer à des compétitions sportives.Ce communiqué émane des « Procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme » et a également été transmis à l’agence de presse Anadolu.

Les experts onusiens considèrent que les décisions des fédérations françaises de football et de basketball d’exclure les joueuses portant le hijab, même au niveau amateur, ainsi que celle du gouvernement français d’empêcher les athlètes françaises portant le hijab de représenter leur pays lors des Jeux Olympiques de Paris, sont disproportionnées et discriminatoires.

Ces décisions enfreignent leurs droits à manifester librement leur identité, leur religion ou leur croyance, tant en privé qu’en public, et à participer à la vie culturelle.Justifiant ses actions par la nécessité de respecter la laïcité, la France a interdit le port du hijab pour les femmes athlètes lors des Jeux Olympiques 2024 (du 26 juillet au 11 août).

Cette décision a suscité l’indignation de huit organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, qui ont demandé au Comité International Olympique (CIO) d’intervenir pour lever cette interdiction jugée discriminatoire et contraire aux principes olympiques.

Marta Hurtado, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), s’est déclarée préoccupée par cette situation : « Personne ne devrait imposer à une femme ce qu’elle doit porter ou ne pas porter. »a-t-elle déclaré.

En 2023, le Conseil d’État a rejeté une plainte déposée par le Collectif de femmes musulmanes contre l’interdiction du voile par la Fédération française de football, malgré le fait que cette interdiction contredise les règles de la FIFA. De plus, selon un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, la basketteuse Salimata Sylla, joueuse à Aubervilliers, a cessé sa participation aux compétitions depuis 2022 en raison de cette interdiction.

Le président du club de basket Noisy-le-Sec a également été suspendu pendant six mois et le club a écopé d’une amende de 300 euros pour avoir soutenu ses joueuses musulmanes portant le foulard.

Lors de leur intervention, les experts de l’ONU ont souligné que « toute limitation à ces libertés doit être proportionnée et nécessaire pour atteindre un objectif reconnu par le droit international (sécurité, ordre public, santé publique ou droits d’autrui), et justifiée par des faits démontrables plutôt que par des présomptions ou préjugés. »

À noter que plus de 5,4 millions de Français sont musulmans, faisant ainsi de l’islam la deuxième religion en France après le christianisme.

Oumou Coulibaly (Stagiaire)

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