Le commerce ambulant est devenu de nos jours un métier de recours pour les jeunes ainsi que les enfants qui abandonnent l’école .Vendre au bord de la route n’est toutefois pas sans conséquence. Ils s’exposent ainsi aux dangers de la circulation routière en se faufilant entre les véhicules pour proposer divers articles aux automobilistes ainsi qu’aux piétons afin de subvenir à leurs besoins.
Les artères les plus fréquentées de la ville de Bamako sont de nos jours les lieux de prédilections des vendeurs ambulants. Il est 16 h précises, l’embouteillage s’intensifie au niveau du monument de l’independance, marchandises à bout de bras, ces vendeurs se positionnent au niveau des feux tricolores pour proposer aux passants leurs différents articles tels que les mouchoirs, les jouets pour enfants ou encore des articles d’automobiles. Les raisons qui poussent ces jeunes au commerce ambulant divergent selon les vendeurs. 《Nous vendons des articles de voiture. On arrive à s’en sortir petit à petit cela nous permet de faire beaucoup de choses et d’aider nos parents. C’est mieux que d’aller voler ou de rester à la maison à prendre du thé》. S’exclame Samba Barry, vendeur au niveau du monument de l’indépendance.

À quelques mètres de là, au niveau du carrefour des jeunes précisément devant le ministère de l’éducation le jeune Seydou DOUMBIA vendeur de jouets pour enfants nous confie qu’il n’a pas été à l’école et c’est la raison qui l’a poussé au commerce ambulant afin qu’il puisse subvenir à ses besoins.
Ayant fait de ce type de commerce leur occupation régulière, ces jeunes sont prêts à tout pour gagner honnêtement leur vie, ils ne manquent pas l’occasion de se faufiler entre les véhicules au risque de leur vie. Ils bravent ainsi plusieurs obstacles au quotidien. Selon Seydou DOUMBIA, ils rencontrent beaucoup de difficultés dans l’exercice de ce travail, ils sont victimes d’accident de moto et sujets d’insulte venant des usagers.《Certains voituriers nous regardent de travers et quant on les approche ils nous chassent . Il y a également des agents de la mairie qui viennent des fois ramasser nos marchandises》. Oumar Magassa ,nous a t’ il témoigné.
Malgré les insultes auxquelles ces vendeurs sont sujets ainsi que les difficultés qu’ils rencontrent ils arrivent à se démêler et tirer leur épingle du jeu. Samba Barry nous a confié qu’il peut gagner 2000f ou 2 500f voire plus par jour.
Si la pratique dérange certains usagers d’autres sympathisent avec eux. 《Pour moi ,le commerce ambulant n’est pas une mauvaise chose. À chacun sa façon de gagner sa vie. Difficile de trouver du travail de nos jours, ceux qui se débrouillent pour vendre au bord des routes cherchent à gagner leur pain. S’ils s’arrêtent devant la boutique de certains, on les chassent. Je pense que c’est mieux qu’ils partent vendre au bord des routes que d’aller voler ou de corrompre les citoyens》a souligné avec compassion Fatoumata Diakité, usagère de la route.
Ni le soleil ardent de midi, ni la chaleur n’arrêtent ces vendeurs ambulants, Ils sillonnent les rues de la capitale en quête de leur devenir. La quête d’argent est remplie d’un lot de difficultés. La richesse s’acquiert sur un tas de brindille.
Aïssata Maïga