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Bamako: ces mendiants du monument « Bougie Ba »

Bamako est une ville où la mendicité est très visible. Un phénomène inquiétant qui ronge ses pratiquants. Elle est un phénomène qui ne date pas d’aujourd’hui à Bamako et encore moins dans le monde.

A côté du monument l’obélisque des idéogrammes( bougie Ba) à Aci 2000 de Bamako, un lieu de regroupement de plusieurs mendiants.
La mendicité est due à l’indigence, au veuvage et au handicap. La plupart des gens tombent dans ce fléau par pur plaisir, mais pour un besoin incontournable. Ainsi Oumou Traoré, une mendiante de soixantaine dit « Je mendie parce que j’ai perdu mon mari depuis des années et je n’ai pas trouvé du travail. J’ai un garçon diplômé du D.E.F mais qui n’a pas de travail, à nourrir.»
« Je mendie parce que je ne peux pas subvenir à mes besoins toute seule en sachant que j’ai un garçon qui est à l’école, je suis vielle, je n’ai pas d’autres proches » déclare une autre veuve Maïmouna Baby 74 ans.

Le mariage précoce

Le mariage est un stade social qui nous permet de fonder une autre famille avec une autre personne, d’avoir des héritiers et de vivre dans de conditions plus ou moins acceptables. Mais c’est ce qui a conduit Kadidjatou Sidibé à quémander, « Mes parents m’ont donné en mariage en étant écolière, à l’âge de 13 ans. Je mendie aujourd’hui, car j’ai 4 petites enfants, mon mari est absent et il n’est plus capable de subvenir à nos besoins quotidiens. Tous les travaux que j’ai pu mener, ont été de peines perdues pour instabilité et accumulation de dettes. »
Chez certains, les handicaps n’y sont pas pour rien. Hawa Traoré, comme beaucoup mendie parce qu’elle a perdu l’un de ses pieds. Avec un fils, mineur, la veuve cherche chaque jour de quoi manger, et de quoi payer la location.

Des hommes aussi

Amadou Touré, un ancien éleveur quant à lui, a été aveuglé par l’un de ses bovins au village. Venu à Bamako pour des soins, le malade est vite tombé dans la mendicité. Un autre mendiant qui a gardé son anonymat nous avoue qu’une fois qu’il a perdu ses deux bras, l’ancien cultivateur est pris en charge par sa femme qui vend aux bords des routes. Aujourd’hui, il essaye de l’aider comme il peut avec la mendicité. Même si des gens se passent pour des mendiants, la plupart d’entre eux assis la main tendue, avaient un bel avenir devant eux. Pensons-y la prochaine fois qu’on en croisera.

Abdoulaye MAÏGA

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