En effet, par ce coup de force des jeunes de Kayes, c’est toute la chaine de l’économie et des finances qui s’est trouvée affectée. En tête des services d’assiette directement touchés, la Douane qui se trouve en quasi chômage technique en cette fin du mois d’août.
La route du développement passe par le développement des routes. Ceci n’est pas un simple jeu de mots car la quasi-totalité des échanges commerciaux dans notre payspasse par la route. L’axe Dakar-Bamako passant par Kayes, Didiéni et Kati se voit tailler la part du lion du volume du trafic avec plus de la moitié des importations de marchandises.
En revendiquant de meilleures conditions de vie – quoi de plus légitime ? – la jeunesse de Kayes n’est donc pas allée par le dos de la cuillère : blocus de la route nationale qui nourrit le reste du pays. Comme pour asphyxier les échanges commerciaux. Légitime combat mais les conséquences de cette forme de revendication sont astronomiques et, du coup, très préjudiciables à l’atteinte des objectifs de recettes assignés à la fiscalité de porte.
Contactés par notre rédaction, les responsables de la Direction générale des Douanes n’ont pas souhaité opiner sur la nature politique de ce blocus. Ils ont cependant laconiquement indiqué que le blocus, sur le plan purement technique, prive l’Etat de plusieurs milliards de recettes fiscales. Le Premier ministre Dr. Boubou Cissé, non moins ministre de l’Economie et des Finances a précisé que l’Etat perd pas moins de 2,5 milliards de Fcfa par jour du fait du blocus imposé par le mouvement « Sirako » de Kayes.